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11 janvier 2009
Albert Almighty

A première vue, Albert est un type quelconque. Transparent. Insignifiant. Le type de gars qui rentre au poil de cul dans les cases des instituts de sondage. LE français moyen. Des gars comme lui, les villes en sont gavées. Il n’est rien, mais pour lui, c’est déjà beaucoup.

Albert n’est pas divorcé. Et c’est bien le seul à trouver ça normal. Dans son pavillon quelconque en banlieue parisienne, sa vie est un éternel recommencement. Ses journées sont aussi prévisibles qu’un mauvais thriller américain.

Il a bien un fils mais ne l’a jamais vu. Le fruit accidentel d’une première histoire d’amour éclair avec une jeune diplômée de l’école de police, dont il a préféré refouler tout souvenir, sitôt tombée la nouvelle de cette grossesse pas vraiment fortuite.

C’était le gamin ou la dernière Renault 10 Gordini. Albert a choisi.

Albert est commun, donc. Une différence toutefois, par rapport à Jean-Pierre et Eliane, ses voisins de gauche (respectivement commercial chez Peugeot et mère au foyer), ou Patrick et Geneviève, ses voisins de droite (respectivement gérant d’un Décathlon et assistante dentaire), Albert pratique le Métro-Métro-Dodo.
Une discipline réservée aux seuls salariés cheminots de la RATP.

Un bien beau métier que celui de permettre aux usagers de circuler d’un bout à l’autre de la capitale, et même en banlieue. Albert sait que son poste est important. Et parfois il en abuse.

Comme le laisse présager sa profession : Albert est un connard.

Il aime les grèves qui durent et les gens entassés dans les rames. Les vieilles dames qui s’évanouissent, les étudiants i-podés collés aux aisselles nauséabondes des représentants en costard, les personnes de petite taille, la tête coincée dans le cul serré des jeunes femmes en route pour prendre leur service chez Sephora, les joueurs d’accordéon insultés par des usagés à bout de nerfs, tout ça il kiff. C’est LE pouvoir, son petit plaisir.

Dans sa rame, son gros cul posé sur sa chaise molletonnée, il est dieu.

Aujourd’hui, c’est le deuxième lundi du mois et le résultat du suicidothon. Plus que deux dépressifs à démembrer et il remporte le tracteur tondeuse.

Et comme Patrick et Geneviève en ont déjà un. Il croise les doigts.

Un tracteur. Ça ce serait le bonheur…

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publié par Jule à 18:46    2 commentaire(s)
29 décembre 2008
The Butterfly Effect

Ce blog est un piège. Je réalise que la seule raison pour laquelle je n’écris plus n’est pas que je n’ai plus rien à dire, mais simplement que trop de monde a accès a ces pages pour que je puisse sincèrement y déballer ma vie.

Des gens d’un peu partout, rencontrés en soirée, au boulot, autour du monde. Un brésilien croisé dans un bar de Pat Pong, une bulgare côtoyée au taf, une british qui danse sur les tables, une pelle à merde douée de parole (vivante, un peu comme Pinocchio), une sœur, des parents, des cousins, amis, relations, connaissances ou vagues souvenirs.

Ce que pourrait lire l’un, je n’ai pas envie de le dire à l’autre. Et vice versa. Tant et bien que je me trouve condamné à taper dans la langue de bois. Le politiquement correct, ou l’art de faire plaisir à tout le monde.

Bien sur, cette petite théorie n’a de sens que si l’on considère que les internautes se bousculent sur mon blog. Mais même si je sais, stats à l’appui, que ce n’est pas le cas (ou "plus" le cas. Rappelez vous la grande époque des 10 internautes par jour et des commentaires à n'en plus finir !), et bien je préfère m’abstenir. Car le risque, aussi ridicule soit-il pourrait causer bien des dégâts. C’est un peu l’effet papillon. Petite cause, grosse conséquence.

Ce blog est clairement une thérapie. Du moins il l’était. Il n’en reste aujourd’hui qu’une adresse rigolote, renfermant des textes amusants mais dont l’âme c’est un peu évanouie.

Et moi avec...

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publié par Jule à 21:06    6 commentaire(s)
27 octobre 2008
Demain ?

Plus le temps passe (et dieu sait qu’il passe) plus j’ai le sentiment que je vais, avec l’âge, devenir un vrai connard (plus que maintenant, je veux dire…). Il y a des signes qui ne trompent pas.

Le premier, et pas des moindres : je n’ai que 29 ans et pourtant, déjà cette sale impression de tout le temps parler du passé. Un peu comme si le meilleur était derrière moi.

Dernier exemple : ce soir dans mon bureau. Claire, éternelle stagiaire (on ne compte plus ses passages parmi nous), pétillante comme un Perrier, a l’âge de la pyramide du Louvre. Elle est née alors que Wilander remportait Roland Garros. Juste avant le dernier mandat de Mitterrand. Elle n’a jamais connu Coluche. Ni Desproges. Ni LeLuron. Ni Balavoine.

Il est 18h30, la miss entame de ranger ses affaires, et me suggère avant de prendre congé, de couper Ben Harper (désolé mec…) pour une petite session blind test si chère à Ardisson, Arthur, Nagui et toute la smala.
Moi, sympa, soumet donc à ses esgourdes alertes, une petite sélection de mon cru. Mode facile pour commencer. Balavoine donc…

Cinq minutes et un L’Aziza + Dieu que c’est beau plus tard, ma Claire est bouche bée. Fouillant dans sa toute jeune mémoire de vingtenaire, on sent pointer sur ses pommettes roses, les prémices d’un embarras que je n’avais pas vu venir. Car effectivement, si j’ai encore en mémoire, les morceaux d’hélico du chanteur, éparpillés sur les dunes du Sahel, pour elle, il n’en est rien. Et c’est logique. Elle avait en 86, un âge négatif. Elle n’était qu’un projet. Une ébauche de futur. Ou carrément, une idée folle.

Moi, grand couillon, dans ma logique débile à la Forever Young, suis en train de prendre conscience que, plus que mon âge, c’est mon statut qui change année après année. Je suis de moins en moins celui qui savoure les histoires ou subit les leçons de morale. Le cul entre deux chaises, je suis en passe de devenir trop vieux pour écouter, mais pas assez pour raconter. C’est comme si l’âge de raison frappait à ma porte. Cette période de la vie où on prend des décisions, des risques et où on commence à tirer des leçons de ses erreurs.

J’ai 29 ans. Si c’est déjà la crise un peu partout dans le monde, j’ai l’impression que la mienne commence à peine. Et comme elle a un nom, je me dis que je ne dois probablement pas être le premier à y faire face.

Ca n’aide pas vraiment, mais ça rassure un peu…

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publié par Jule à 20:18    5 commentaire(s)
12 octobre 2008
Astérix et périls…

En 91 j’avais 11 ans. Un jour, un gars de ma classe m’a gentiment proposé de faire un tour, avec deux autres convives, dans le tout fraîchement inauguré Parc Astérix.

A cette époque, la structure a à peine deux ans. Ca ne sent plus bon la peinture fraîche (deux ans quand même, ça a eu le temps de sécher) mais on devine, en arpentant les chemins animés, une véritable volonté de bien faire. Facile à cette époque, de tailler le bout de gras avec Panoramix ou causer tricot avec Bonemine, les personnages de la BD étant légion [bruit de cymbales] dans l’enceinte du parc.

L’attraction star, s’appelle Goudurix. On comprend pourquoi. Un grand huit hallucinant. Un must dans le genre. Les allées sont propres. Les manèges sont neufs. Et le ciel est bleu.

Samedi dernier, même endroit. Depuis notre place de parking (Parking numéro 3, baptisé Cartapus. Prix : 7€. Réglé en liquide) on distingue difficilement, dans une purée de pois à vous effrayer un Londonien, la silhouette vieillissante du maître des lieux. On se pèle les meules, et le ciel d’une blancheur quasi éblouissante ne présage rien de bon.

La première attraction après avoir passé les guichets, et un classique du genre. Celle qui m’avait marqué, 17 ans auparavant. Le Grand Splash (wow !) n’a en réalité de grand que sa file d’attente. Embarcation rouillée comme une vieille 4L et dont l’état général aurait fait fuir un boat people, parcours sans intérêt entre des fougères mortes et des fontaines en pannes. Et du coup, une fin en apothéose que l’on apprécie à peine, toute notre attention étant capté par les trous béants (jadis comblés par des vis) de notre rafiot. Une misère.
On ressort donc de la, un poil frustré, et une touffe humide. Un délice par 10°.

S’en suivent quelques sensations pas vraiment sensationnelles. La Trace du Hourra, tout sauf marquante, surtout après 1h30 d’attente, Le Vol d’Icare, moyennement planant, et L’Oxygenarium, une sorte toboggan géant que l’on dévale à bord de grosses piscines manquant d’air pour 30% d’entre elles. Très rassurant.

Trop de monde pour Goudurix (et après l’andouillette de 12h30 je ne suis de toutes manières pas chaud chaud), ne reste que Tonnerre de Zeus, sorte d’hyper structure en bois de cagette, sur laquelle dévale un chapelet de petits chariots (des montagnes russes quoi...). La pour le coup, ça déboîte. Et surtout ça ne chlingue pas la rouille et la crasse.

Bref, une expérience amusante mais un peu inquiétante. Il règne la bas une atmosphère très Mirapolis. Et quand on connaît la funeste fin du géant à la fourchette, on est un peu inquiet pour le petit moustachu.

Pas encore de quoi vous filer des insomnix. Mais bon...

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publié par Jule à 19:54    3 commentaire(s)
09 octobre 2008
Le bain d'Amy

Que ceux (les 4 lecteurs de ce site) qui n’ont pas encore vue "Mirrors" (et qui ont envie de le voir) s’abstiennent de lire ce qui suit.

Y a des choses qui, dans la vie, vous marquent plus que d’autres. Un évènement heureux ou pas (victoire au foot, accident, baise d’enfer, humiliation etc…), un film, un paysage surréaliste, une fille, deux filles ou que sais-je encore…

Hier, alors que le programme annonçait soirée ciné, la journée s’est finalement terminée par une soirée ciné privée (comprendre son dég' et image crados qu’un écran non-plat aurait tout aussi bien rendu…). Bref une misère.

Le film, Mirrors, long métrage de pseudo horreur orchestré par Alexandre Aja dont on avait déjà pu "apprécier" la scène de viol immonde en caravane, dans l’excellent remake de La colline a des yeux, est l’un des rares depuis bien longtemps, où l’on peut voir Kiefer Sutherland incarner un autre personnage que celui de Jack Bauer (faudrait checker sur IMDB mais je dois être dans le vrai).

Soyons honnête, ce film colle vraiment les jetons. Mais le pire. La chose vraiment marquante la dedans, c’est cette scène déjà anthologique ou l’on voit Amy Smart, nue (déjà marquant en soi, mais pas de quoi créer un trauma), endurer les sévices infâme de son reflet dans le miroir.

Si cette scène est absolument incroyable, c’est déjà par son coté gore sanguinolent, affreusement réaliste, mais aussi parce qu’elle touche ce personnage en particulier. Belle, nue (je le répète mais ça décuple l'aspect dramatique), totalement innocente, attachante et dont on était surtout persuadé que rien ne pourrait lui arriver puisque totalement étrangère au drame enduré par le personnage principal (le susdit Kiefer S.).

Cette scène est une torture visuel, plus par la situation (le lieu et la victime qui ne comprend rien à ce qu’il lui arrive) que par les images en elles même pourtant bien dégueulasses (en gros, elle s’arrache la mâchoire avec les mains… enfin c’est un peu plus complexe que ça…).

Ca dure à peu prêt une minute. La minute vraiment beurk du film.

Quoi qu’il en soit, l'ensemble est vraiment plaisant. C’est un film d’horreur (ou du moins d’épouvante) qui fait peur. Et ça faisait si longtemps que j’en avais pas vu que ça m’a fait tout drôle.

Enfin, tout peur quoi…

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publié par Jule à 19:18    0 commentaire(s)
02 octobre 2008
Bed & Breakfast

L’aventure. Un mot qui fait briller les yeux des blasés qui s’emmerdent. L’aventure, c’est un truc qu’on a tous en nous. Ca veut tout et rien dire. C’est indéfinissable.

Il y en a un qui a tout compris. Ou du moins qui nous proposera, le 19 novembre, son interprétation de l’aventure.

Antoine de Maximy est un gars en apparence normal. Depuis 2004, il nous arrose de ses reportages d’un peu partout. Son objectif : aller dormir chez les gens. Comme ça. Sans payer. Une sorte de Pékin Express sans Stéphane Rotenberg.

Affublé d'une chemise rouge à la Gérard Holtz, et talonné par un caméraman qui j’imagine, n’échangerait sa place pour rien au monde, il nous a déjà gratifié d’un paquet de nuitées tout autour du globe. Mali, Japon, Australie, Bolivie, Inde, Cambodge, Chine, Éthiopie, Pérou, autant de destinations mises en avant par ces reportages pour le moins originaux.

Dans "J’irai dormir à Hollywood", Antoine De Maximy tente une nouvelle fois l’expérience. Une subtilité toutefois : ce n’est pas chez n’importe qui qu’il devra passer la nuit, mais chez une star d’Hollywood. Pas moins.

Alors certes, on imagine allègrement que la présence d’une équipe télé doit considérablement changer la donne...
Mais vous ? Vous laisseriez dormir sur votre sofa, un journaliste polonais (ou canadien, ou turc...) dont vous n’avez jamais entendu parler ?

Honnêtement ?

Clair qu’avec moi, il reprend son caméscope et il dégage direct ! ;)

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publié par Jule à 20:21    2 commentaire(s)
20 août 2008
Josiane de Clichy

Josiane est une paumée. Résidente d’un deux pièces miteux dans les quartiers sombres de Clichy, elle élève seule Rémi, son fils de 11 ans qui n’a jamais connu son père.

Josiane a son secteur. Son monde à elle. Ce trottoir, elle le foule si souvent qu’elle en connaît le moindre centimètre carré. Paradoxalement, Josiane aime son boulot. Elle ne le fait pas pour survivre, elle le fait par plaisir, ce qui dans cette profession, est bien plus courrant qu'on ne le pense.

Constamment à l’affût, et alors que les voitures défilent sous ses yeux, elle patiente, tapie sur ce bitume froid, tel le félin avant l’assaut final. Et lorsqu’elle repère une cible potentielle, et qu’au bas de sa nuque, pointe ce frisson annonciateur de plaisir ; elle s’approche du véhicule, se penche à sa vitre… et sort son stylo.

Josiane est contractuelle.

Une pute au service du pouvoir. Sa mission : faire payer ceux qui ne sont pas la pour se défendre. Aligner des véhicules vides quand d’autres, pleins ceux la, roulent à 90 en ville, doublent par la droite et n’utilisent jamais leurs clignotants.

Josiane est lâche et déteste les gens, qui en général lui rendent bien.

Un tapin à 11, 35, 75 ou 135 €. A la différence de ces consoeurs du bois de Boulogne, Josiane ne paye pas de sa personne. Jamais. Ce qui la rend encore moins respectable.

Alors Josiane, si un jours entre deux orgasmes devant un monospace au feu arrière pété, et une 106 noire à l’assurance périmée depuis 5 jours, tu as le temps de te connecter sur le net avec le PC volé de ton fils débile et de lire cet article, sache une chose : je te hais.

Sache que j’ai moins de respect pour toi que pour l’étron fumant qui tapisse le fond de mes toilettes, mes pires lendemains de cuite.

Va donc au diable. Et emmènes-y ton stylo, ton calepin et le peu d’amour propre qu’il te reste.

Fais ce que tu veux, mais ne t’avises plus jamais de toucher à mon essuie glace…

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publié par Jule à 21:49    1 commentaire(s)
30 juillet 2008
Un café nommé délire

Une chanson de Oldelaf et Monsieur D. Plutôt cucul il est vrai, mais le clip vaut vraiment le coup d'oeil. Un petit coté "Triplette de Belleville", aussi déprimant qu'hillarant. Je kiff :)

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publié par Jule à 01:10    0 commentaire(s)
28 juillet 2008
La reine et le bidibule

1947. Le France est meurtrie par la guerre. C’est sous la toute jeune présidence de Vincent Auriol que nait Jean René. Un garçon sage.

1947. C’est l’année de Jean Robic, vainqueur d’un tour de France du renouveau (et oui, déjà…). A cette époque les participants portent encore leurs chambres à air en bandoulière, tels des mercenaires leurs munitions. Certaines routes sont à peine goudronnées, les vélos pèsent le poids d’un 103 Peugeot (c’est une mob, pas une voiture…), parmi les 10 premiers au général, on décompte pas moins de 5 français (comme aujourd’hui, à 5 prêt).

Le tour de France, ca sent bon les vacances. Les bouchons sur la nationale 7 avec la Panhard et le pic-nic sur la nappe à carreau en regardant passer les coureurs. Albert Seringue venant à peine de faire breveter son invention (un tube de verre coiffé d’une aiguille creuse servant à injecter des liquides dans les bras des malades) personne n’a encore été disqualifié pour tricherie. Et on grimpe toujours le Galibier en plus de 8 minutes…

Le petit Jean René grandit dans une famille sans histoire. Un père représentant chez Radiola, et une mère au foyer, font de lui un gaillard solide bien qu’un peu gras du bide. Deux redoublements, et un service national calamiteux plus tard, il est lâché dans la vie active. Brisé.

Il enchaine les jobs foireux. Homme canon à la foire du trône, modèle chez Bidibule, mascotte chez Orangina ou figurant pour le cinéma russe (dans le rôle de la poupée)…
En 1972, il s’entiche de Mauricette, journaliste pour le tout jeune Podium, torche cul de la star montante mais imbuvable du moment : Claude François. Rencontre qui changera son devenir à jamais et marquera ses premiers pas dans le journalisme.

Dés lors son destin est scellé. Après deux ans à la rédaction des fiches de Marc Toesca pour le TOP50, et un court passage dans la chanson (il est le premier interprète du tube planétaire "Big Bisou", plagié par Carlos), il croise finalement le chemin de Gérard Holtz lors des JMNM* dont il couvre le déroulement pour "Radio Ici et Maintenant".

En 1989, c’est comme arbitre d’un combat de titan entre LeMond et Fignon que le gros Jean René entre dans la légende du cyclisme. Après le passage de la ligne, et les 8 maudites secondes qui viennent de couter la victoire au Français, il prononce cette phrase dont tous les gros nazes pleins de bières qui courent sur le bord des routes, se souviennent sans doute encore : « Alors Laurent, heureux ? ».

Cette fois, sa patte est posée. Il sera, et ce pour des décennies, l’incontournable bedonnant transpirant du petit écran et de la reine du même qualificatif. L’homme des questions débiles. Les « qu’est ce qui vous a manqué pour réussir ? », « vous avez abandonné lors du prologue, vous tenterez de faire mieux l’an prochain ? », « selon vous qu’est ce qu’ Armstrong a de plus que les autres ? » bref, toutes les interrogations à la mords-moi le nœud que seuls les grands savent se poser.

En 89, Fignon perdait pour 8 secondes.

C’est à peu prêt le temps qu’il m’a fallu pour ne plus pouvoir piffrer Jean-René Godart…

* Journées Mondiales des Nabots Mielleux

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publié par Jule à 01:20    0 commentaire(s)
26 juillet 2008
Molotov ou sans alcool ?

Gros mal de bide. Je viens de m’enfiler une boutanche de bordeaux dont le nom est bien moins marquant que le prix. Cette soirée est à l’image des quelques autres en tant que célibataire occasionnel : arrosée. Depuis deux semaines, et le départ de la petite chez sa mère du nord, je vivote. L’appart n’a pas changé d’un poil. Les même fringues sous le même lit, les même bols dans le même évier, les même volets fermés et les même plantes à l’article de la mort (de soif…). Je suis en roue libre. La pente me guide. Hier, un pic-nic binouze sur les bords de seine et aujourd’hui, donc, un repas de roi chez Louis Vins, dans ce 5ème arrondissement que je connais désormais comme ma poche mais bien moins que mon propre placard à balais.

En fait, c’est un peu n’importe quoi. Retour dans une enfance finalement pas si loin. Quand, passé minuit, je remontais de la gare à pied sans me poser de question. Quand j’utilisais mon salaire de chez N@rt (7500F à l’époque. Un must !) dans les restos du bvd Haussmann ou les CD de la FNAC des Champs (je vous épargne la sélection musicale). Quand j’étais abonné à des magazines que je ne lisais même pas. Quand je mangeais sans grossir. Quand je découvrais le monde du travail et le sentiment d’être utile à quelque chose. Quand je prenais sans même imaginer devoir rendre un jour. Je réapprend à être égoïste ce qui ne dérange finalement personne dans la mesure où, à l’instar de mes parents à l’époque, personne ne m’attend à la maison.

Alors cette vie la, elle est agréable. Agréable dans la mesure où le seul à qui j’ai des comptes à rendre, c’est bibi (et généralement je ne m’en demande pas trop). Elle est agréable mais elle fait peur. Un mois complet au même rythme et je finis sur le billard avec quelque chose de méchant. Alors quoi ?

Le remède contre la déchéance, c’est la vie de couple ? Un peu léger…

Il n’en reste pas moins qu’à deux je ne bois pas. Un mec bien. Et que seul, j’éponge sévère…

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publié par Jule à 22:28    1 commentaire(s)
28 octobre 2007
Travailler moins pour faire chier plus

Superbe séjour, nous voilà de retour avec une image plein les mirettes. Ci-dessus, notre album photo.

Merci Air France, merci du fond du coeur.

Je me joins à la cause du personnel naviguant. Nathalie, moi même ainsi que les 473 autres âmes qui étions censées prendre place à bord du vol AF346 sommes fiers d'avoir sacrifié nos 10 jours de vacances (ainsi que les quelques heures de préparation, location de bagnole, reservation d'hôtel qui vont avec...) pour vous permettre, enfin, de travailler dans des conditions acceptables et plus comme à la légion.

Vraiment c'est un honneur. Et le fait que ce voyage était un cadeau d'anniversaire n'y change rien. Non, serieux ca me fait plaisir.

Je vais même verser ma petite larmichette, allé...

...et bon anniversaire Nathalie !

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publié par Jule à 16:36    8 commentaire(s)
Dans le cul le caribou...

Air France en grève, nous ne partirons pas au Canada comme prévu pour cause de vol annulé.

Après plusieurs jours à attendre des trains qui n'arrivent jamais pour cause de grèves d'une poignée de connard qui refusent de bosser comme tout le monde, nous voilà aujourd'hui confronté à une nouvelle race de gréviste.

J'ignore leurs motivations exactes, je constate simplement qu'ils ont préféré viser les vacanciers ayant économisé pendant des mois pour se payer leur voyage, plutôt que les businessmans en voyage d'affaire en se foutant en grève le premier week-end des vacances de la Toussaint.

Classe, vraiment réfléchit et d'une générosité sans borne.

La vérité, j'ai honte pour eux...

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publié par Jule à 00:08    0 commentaire(s)
15 octobre 2007
Ah que Johnny !

Triste soirée, triste fin.
Des dizaines de milliers de supporters dont un petit 10% en provenance de l'île du nord, et un bon 20% de gros connards bourrés à la bière (tous de chez nous, ceux la...).

Résultat, des crânes ouverts par des cannettes volantes (et pleines...) et des insultes à sens uniques. Je cite "Ferme ta gueule ! Ferme ta gueule putain de gros fils de pute de Rosbeef" et ce dés la transfo salvatrice puis le drop assassin de Wilkinson. Pendant un instant, assis à proximité d'un groupe d'anglais à la fête, j'ai eu honte d'être Francais.

Une sale soirée donc. Trop de monde, pas de son, un écran géant minuscule (à 200 mêtres, pas étonnant) et à la clé, une défaite que l'on osait pas imaginer...

J'en aurais chialé mais les plus forts ont gagné.

Don't be sorry, good game anyway...

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publié par Jule à 09:55    2 commentaire(s)
13 octobre 2007
Après la pub

Etonnant ce débat qui entoure Frédéric Beigbeder. Etonnant car ce gars la n’est pas le genre de gars que l’on vénère ou que l’on déteste (un peu comme Dieudo, vous voyez le genre ?). Il peut être les deux à la fois, et ça il faut reconnaître que ce n’est pas courant.

Pour ma part, si le personnage (car il est bel et bien un personnage) me sort par les yeux, je suis en constant émerveillement devant son œuvre (oui, son "œuvre") et surtout, assez admiratif devant un type qui arrive à faire de l’argent (en quantité assez considérable semblerait-il) en racontant sa vie. Car soyons clair, j’ai beau ne rien y connaître en littérature, j’ai tout de même un avis sur son travail. Son style à lui, c’est non pas "de ne pas en avoir" (ca aurait fait une jolie phrase "Son style à lui, c’est de ne pas en avoir" mais ce n’est pas ce que je pense…) mais plutôt de simplement mêler "discours au présent" (J’ouvre les yeux. J’ai la bouche poisseuse, et le nez encore enfariné de la veille…) et figure de style trash (…à ma droite, une portoricaine sosie de J.Lo. fini de se masturber avec un godemiché électrique à l’effigie du Pape)… Il est comme ça. Il fouille dans ses souvenirs, rapporte tout à maintenant, retranscrit l’ensemble le plus fidèlement possible en forçant le coté provoc ‘ (une once de partouze, un soupçon d’ecsta et un poil de cul… ;).

Alors non, lorsqu’on me dit qu’écrire un livre de Beigbeder est à la porté de tout le monde, je ne suis pas d’accord. Ecrire un livre de Beigbeder est à la porté de tous ceux qui ont vécu comme Beigbeder. De tout ceux qui, comme lui n’ont pas peur de balancer sur le monde moderne, l’argent roi, l’économie mondiale, et de se gaver de pognon grâce à ça (on appelle ca, "cracher dans la soupe"). De tout ceux qui ont un budget "pute de luxe" chaque mois (moi j’ai des tickets restos, un autre genre...), une Amex aux bords usés, des sachets de coke planqués dans chaque pièce de la maison (au cas ou), un grand lit sous un grand miroir, une grosse cylindrée, pas de crédit, et 50% de leurs fringues encore étiquetées dans leur penderie. Ces mêmes personnes qui rentrent dans les clubs chicoss sans faire la queue, qui laissent des pourboires démentiels au vestiaire du Cab (lorsqu’ils n’ont pas leur carré + vestiaire VIP), et dont le service en porcelaine douze pièces, n’a jamais servit…

En pourcentage, quelle part de la population répond à ces critères ? 0,05% ? Et encore…

99F, le film, apparaitra comme un joyaux, pour ceux qui ont aimé le livre. Une histoire un peu modifié mais un même message. Ian Kounen, le plus talentueux des réalisateurs détestés, nous livre la un long métrage presque plus décalé que le livre. Ca fait grincer des dents à s’en péter l’email mais c’est un délice. La meilleure des tortures. Du jamais vu.

Bref. Frédéric, tu es grand. Tu es une merde, mais une merde qui me rend, à chacun de tes coups d’éclats, plus heureux de ne pas être comme tes héros (donc comme toi?). Je t’aime et je te déteste et c’est la tout le paradoxe…

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publié par Jule à 16:00    0 commentaire(s)
29 septembre 2007
Alerte aux cons

"Julien G. Date de naissance, 30 octobre 79. Célibataire, pas d’enfant. L’homme pianote sur un antique clavier IBM qu’un manque d’entretien évident a rendu poisseux comme une tétine de nourrisson..."

Y’a vraiment des jours ou on ferait mieux de rester au lit. Genre hier.

8h00, France info. Le journal, précède la chronique pas drôle d’une godiche à qui je ne prédis pas un avenir florissant sur les ondes. J’ai mal au dos, au bras…partout en fait, la faute à de vilaines courbatures et une reprise du sport un peu brusque.

Dehors, temps de merde. En plus ca caille. C’est gueule enfarinée et merde au coin de l’œil que je me présente sur le quai de la gare. C’est bondé, comme d’hab. A ma droite, un gus appuyé contre un pilier, se roule une cigarette et me sort pour l’occase une baveuse de St Bernard dotée d’un piercing d’assez bon goût, numéroté façon boule de billard (la numéro 8, la noire…). Pas vraiment envie d'y jouer…

Je somnole dans mes pensées débiles, le regard absorbé par la cravate Asterix d’un quinquagénaire dégarnie, quand une blondasse sévèrement poitrinée se met à hurler à l’autre bout du quaie. Elle court après son sac à main, solidement harnaché à la pogne bagousé d’un merdeux en jean baskets qui manque de me faire trébucher.

Reflex pas trop salvateur. Je tends machinalement la main vers cette hanse qui flotte au vent et parvient je ne sais pas trop comment, à prendre possession du sac (une horreur de chez Burberry) sous les regards interloqués de mon St Bernard junkie, et son pote gaulois.

La belle histoire.

Et bien non, car apparemment aussi surpris que moi et semblerait il, quelque peu déséquilibré dans sa course, le merdeux ne trouve rien de mieux à faire que de nous gratifier d’un somptueux plongeon à la Manaudou dans les escaliers bétonnés menant aux souterrains.

J’ai l’air d’une lopette, regard dans le vide, bouche ouverte, sac pendouillant à la main.

Miss gros poumon (à qui il ne manque que le maillot de bain rouge et la bouée qui va avec) récupère son sac pourrit, me remercie à peine…et s’en retourne à l’autre bout du quai ! Pour rappel, à cinq mètres derrière elle, un petit groupe est en train de se former autour de Laure (Manaudou, faut suivre…) qui se tord de douleur en bas de l’escalier, en baragouinant des insultes à mon attention, à celle de ma mère péripatéticienne, mon anus, et ma descendance…

Trente minutes plus tard, je suis le cul vissé sur une chaise, face à l’agent Schmidt (ca ne s’invente pas…) et à son PC en fin de vie…

J’en ai plein le dos. Ce qui devrait durer 10 minutes prend une éternité. Il m’annonce que le voleur de sac moche est sain et sauf et que, je cite "aucune charge ne sera retenue contre moi". J’hésite entre vomir ou pouffer de rire. Manquerait plus que ça. Je me fais également reprocher de ne pas avoir retenue Pamela (Anderson, faut suivre…), dont le témoignage aurait pu faire "gagner un temps précieux". La je manque carrément de tomber de ma chaise…

Bref, après un sermon que même mon père n’aurait jamais osé m’imposer, je retrouve finalement ma liberté en m’estimant heureux d’avoir échappé au toucher rectal (des fois que j’y ai planqué le rouge à lèvre de Pamela, sait on jamais...).

Il est midi passé, j’arrive au taf. La standardiste me dit que j’ai une sale gueule et commence à me charrier sur une soit disant panne d’oreiller.

Je lui ouvre le crane avec un cendrier…



Cédric, j’ai bien eu ton commentaire sur mon précédent post. Mais puisque je n’ai rien à dire, et bien je suis obligé de faire marcher mon imagination.

Quand à savoir ce que je ferais si une blonde aux gros seins se faisait gauler son Burberry, ça l’histoire ne le dit pas...

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publié par Jule à 02:50    11 commentaire(s)